18 février … Un nouveau 18 décembre ?
Après l’AG de la FAC, on part débrayer les amphis. Une fois tous-tes réuni-e-s, on commence à descendre le boulevard Mirande et on passe devant le lycée Hyppo, où quelques lycéen-ne-s nous rejoignent. On arrive devant la prison … « Mur par mur, pierre par pierre, nous détruirons toutes les prisons » …
on est pas mal à ne pas avoir oublié que deux manifestants, après s’être fait tabasser par les flics et juger au tribunal, ont été incarcérés dans cette cage où l’on enferme tout ce qui sort du rang. Une pensée aussi pour la révolte des prisonnier-e-s Grecs-ques qui s’est finie par la libération de pas mal d’entre elle/eux .
Devant l’ancienne faculté des Lettres, rue Chabot-Charny, le cortège s’arrête. Certain-e-s rentrent à l’intérieur. On fait un petit tour par les escaliers. Cris de joie, rythmes sur tables, alarme incendie, bref un fond sonore fort sympathique. Le peu de personnes présentes dans la fac rejoignent, pour la plupart, la manif.
Vers 16h on arrive place de la libération. On est motivé-e-s, ça gueule, les slogans fusent. On remonte la rue de la liberté pour atteindre la place Darcy. À ce niveau, on quitte le parcours officiel : marre d’être des moutons, marre de suivre les flics, marre de suivre les syndicats, marre de n’être qu’un flux supplémentaire dans les rues de Dijon … Aujourd’hui, les rues, on les prends, sans cadre, et on passe sur celleux qui veulent nous en empêcher. Les étudiant-e-s fantasment sur le mouvement lycéen qui a fait reculer Darcos mais n’en tirent aucune leçon : Ce qui a rendu les centaines de manifestations lycéennes efficaces, c’est leur caractère imprévisible. En effet, contrairement aux dernières manifestations étudiantes, la plupart d’entre elles n’étaient pas déclarées en préfecture (aucune à Dijon).
Voyant, qu’ils perdent le contrôle de la manif, les syndicalistes de l’UNEF mettent tous les moyens pour casser l’initiative : ils hurlent, engueulent, essayent de manipuler les manifestant-e-s pour qu’ils restent dans le chemin qu’ILS ont choisis. Quand ils apprennent que nombre d’entre nous veulent aller occuper la gare, ils n’hésitent pas à prévenir les flics : une syndicaliste de l’UNEF, court, l’air outrée, vers un bacqueux pour lui expliquer notre projet.
Malgré leur tentative de nous arrêter, on part avec plus de la moitié de la manifestation direction la gare. UNEF et adeptes des manifs plan-plan restent sur place, décontenancés. Dix secondes avant qu’on arrive, 6 policiers prennent l’entrée par laquelle nous voulions passer, certain-e-s proposent de les pousser et de passer quand même mais décidément, à Dijon, la culture du Rugby n’est pas très développée. Nous nous dirigeons vers l’entrée principale de la gare, où nous attendent les CRS. On s’arrête à quelques mètres d’eux. Des regards s’échangent. « Police par terre, justice pour nous » « Police partout, justice nulle part » « la bac, va passé ton bac » « Pour pas devenir CRS, va passer ton CAPES » … Nombreux-ses sont celle et ceux qui commencent à comprendre que la police n’est et ne sera jamais que contre nous.
Finalement, on repart en direction de la rue condorcet pour rejoindre le reste de la manif qui attend sagement le retour à la normale pour continuer. On arrive devant le rectorat où la manifestation se disperse peu à peu.
À 17h30. On se retrouve devant la préfecture où a lieu un rassemblement en soutien aux Antilles. Deux banderolles : une pour le NPA, une pour LO, aucune pour les antilles … Quelques personnes s’assoient au milieu de la route pour empêcher la circulation mais des militants qui ne les soutiennent pas vont leur dire que « c’est pas bien de gêner la circulation ». Certain-e-s vont bloquer le carrefour un peu plus loin. Au bout de quelques quarts d’heure, une délégation prend la parole, avant d’être reçu par le préfet…
mars 17th, 2009 at 9:44
je me permet de vous envoyer le lien vers un journal lycéen grenoblois qui vient de sortir et qui tente de relayer les luttes locales et les luttes de la jeunesse.
bonne lecture !
http://grenoble.indymedia.org/2009-03-16-Generation-Pirate-numero-1